Le FMI avertit qu'un krach des actions de l'IA pourrait menacer la stabilité financière mondiale, avec le financement circulaire et l'endettement comme amplificateurs

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Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière mondiale, le FMI cite une correction de l'IA parmi trois risques saillants, avec la hausse du coût d'emprunt des États et une cyberattaque majeure. « Les conséquences d'une correction de l'IA pourraient être mondiales », écrit-il, les marchés asiatiques étant les plus exposés après les États-Unis. Il cite aussi environ 300 milliards de dollars de transactions entre hyperscalers et acteurs plus faibles de l'IA sur trois ans, liées à 1 400 milliards d'engagements futurs.

Le 13 octobre, le Fonds monétaire international a publié son rapport semestriel sur la stabilité financière mondiale, et The Guardian en a rendu compte pour la partie consacrée à l'IA. Le jugement principal est que la menace d'un krach des cours de l'IA se propageant aux marchés mondiaux met en danger la stabilité financière du monde, et que les risques sont « élevés ». Selon le rapport : « Les conséquences d'une correction de l'IA pourraient être mondiales. » Hors des États-Unis, les marchés asiatiques seraient les plus exposés, le Royaume-Uni et la zone euro pourraient être un peu mieux protégés, et les investisseurs détenant des actifs américains seraient touchés quand même. Athanasios Vamvakidis, directeur adjoint du FMI, a dit à la présentation que l'exposition du reste du monde aux actifs américains, en particulier à l'IA, « n'a jamais été aussi élevée ». Elle soutient aujourd'hui l'économie mondiale par des effets de richesse, a-t-il dit, mais une correction pourrait avoir de larges conséquences.

Le FMI a listé trois « risques saillants » : une correction de l'IA, la hausse du coût d'emprunt des États et une cyberattaque majeure. Il les a appelés des « catalyseurs plausibles à court terme d'un net durcissement des conditions financières et de turbulences de marché ». Sur l'IA elle-même, le rapport souligne à quel point les grandes entreprises du secteur sont liées entre elles, et combien d'emprunts financent le boom des investissements. Il dit qu'un investissement et des profits plus faibles ou moins durables dans l'IA pourraient déclencher une correction des prix des actifs liés à l'IA, aggravée par la hausse de l'endettement, des expositions concentrées et des accords de « financement circulaire ». Une telle réévaluation « réduirait fortement l'investissement, déclencherait des corrections boursières et durcirait les conditions financières, avec des retombées mondiales ». La concentration fait partie du décor. Les « sept magnifiques » (Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) représentent plus de 35 % du S&P 500, contre 12 % il y a dix ans, et leur capitalisation cumulée a progressé de plus de 50 % en deux ans.

Le rapport est le plus précis sur l'endettement et le financement circulaire. L'endettement vient de trois sources : les dettes en forte hausse des entreprises elles-mêmes, les investissements des fonds spéculatifs dans le secteur, et les particuliers qui empruntent pour spéculer sur les actions d'IA. Dans une baisse menée par l'IA, elles augmentent le risque de ventes forcées et de flambées de volatilité. Le financement circulaire désigne des accords qui lient des acteurs forts de l'IA à des partenaires plus faibles du même secteur, et qui pourraient aggraver l'effet d'une correction des cours. Le FMI donne ces chiffres : sur les trois dernières années, 300 milliards de dollars de transactions entre hyperscalers et « acteurs plus faibles de l'IA », complétés par 650 milliards de dette, contre 1 400 milliards d'engagements financiers futurs. Les hyperscalers sont les entreprises qui construisent l'infrastructure de base et de nombreux immenses centres de données, dont Amazon Web Services, Google, Meta et Oracle.

Le rapport fait aussi un constat que les optimistes de l'IA n'aimeront peut-être pas. Il voit « des preuves croissantes » que le déploiement réussi de l'IA « pourrait ne pas exiger des investissements à l'échelle massive engagée par les hyperscalers », et que « les gains économiques potentiels pourraient être moins importants que prévu ». Les marchés ont réagi le jour même. Les actions des fabricants de puces ont baissé mardi après que le patron de Broadcom a comparé de nombreux investisseurs en IA à des joueurs de « casino », et des informations selon lesquelles le fabricant chinois de mémoires CXMT progresse bien sur une nouvelle architecture ont aussi touché les groupes technologiques sud-coréens. À Londres, Nikhil Rathi, directeur général de l'autorité britannique de conduite financière, a dit aux députés que chaque petite entreprise du secteur financier devrait envisager de s'assurer contre les menaces cyber liées à l'IA. Il a ajouté que toutes les sociétés ne peuvent pas payer l'accès à des modèles « de pointe » comme Mythos d'Anthropic, publié de façon restreinte après avoir, dit-on, repéré vite des failles dans les systèmes de cybersécurité publics et privés.

Trois précautions pour le lecteur. D'abord, c'est une évaluation de risque sur ce qui pourrait arriver, pas une prévision. Citer une correction de l'IA à côté de deux autres risques ne signifie pas que la technologie d'IA échouera. Cela signifie que les valorisations, la dette et la dépendance mutuelle amplifieraient l'effet de toute déception. Ensuite, les chiffres viennent de l'analyse du FMI, et The Guardian n'en donne pas la méthode : lisez 300, 650 et 1 400 milliards de dollars comme des estimations du FMI. Enfin, les gestes simples pour un particulier sont modestes : vérifier quelle part de ses fonds est investie dans des entreprises liées à l'IA, éviter d'emprunter pour suivre un seul thème, et réfléchir à la durée pendant laquelle on pourrait supporter une baisse. Ce n'est pas un conseil d'investissement, seulement une lecture simple de l'avertissement.

Sources

FAQ

De quoi le FMI met-il exactement en garde ?

Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière mondiale, le FMI dit que la menace d'un krach des cours de l'IA se propageant aux marchés mondiaux met en danger la stabilité financière, et que les risques sont « élevés ». Il liste trois « risques saillants » : une correction de l'IA, la hausse du coût d'emprunt des États et une cyberattaque majeure, qu'il appelle des « catalyseurs plausibles à court terme d'un net durcissement des conditions financières et de turbulences de marché ». Athanasios Vamvakidis, du FMI, a dit que l'exposition du reste du monde aux actifs américains, en particulier à l'IA, « n'a jamais été aussi élevée ».

Quels facteurs, selon le rapport, peuvent amplifier le risque ?

L'endettement, la concentration et le financement circulaire. Le rapport dit que les dettes des entreprises augmentent, que les fonds spéculatifs investissent dans le secteur et que des particuliers empruntent pour spéculer sur les actions d'IA, ce qui peut accroître les ventes forcées et la volatilité en cas de baisse. Le financement circulaire relie des acteurs forts de l'IA à des partenaires plus faibles : sur trois ans, environ 300 milliards de dollars de transactions entre hyperscalers et « acteurs plus faibles de l'IA », complétés par 650 milliards de dette, contre 1 400 milliards d'engagements futurs. Les « sept magnifiques » pèsent désormais plus de 35 % du S&P 500, contre 12 % il y a dix ans.

Cela signifie-t-il qu'une bulle de l'IA éclatera forcément ?

Non. Le rapport décrit un scénario possible et le met à côté d'autres risques. Il dit aussi qu'il y a « des preuves croissantes » que le déploiement réussi de l'IA pourrait ne pas exiger des investissements à l'échelle de ceux des hyperscalers, et que les gains économiques pourraient être plus faibles que prévu. Les marchés ont réagi : les valeurs des puces ont baissé mardi après que le patron de Broadcom a comparé de nombreux investisseurs en IA à des joueurs de « casino ». Ce sont des avertissements sur des risques, pas des affirmations sur l'avenir.